Yanbu Al-Bahr Saudi Arabia
Saudi Arabia

2 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Des maisons de pierre de corail, coiffées de moucharabiehs bruns qui saillent au-dessus des ruelles, entourent l'ancien bassin des pêcheurs. Yanbu Al-Bahr, sur la rive orientale de la mer Rouge, cache derrière son profil industriel l'un des plus vieux comptoirs maritimes d'Arabie : un relais sur la route qui menait les épices et l'encens du Yémen vers l'Égypte et la Méditerranée, et longtemps un débarcadère des pèlerins en route vers Médine.

Un géant discret de la mer Rouge

Le navire s'amarre dans le deuxième port du royaume après Djeddah, dont les raffineries et les terminaux s'étirent surtout loin au sud, du côté de la ville industrielle. L'escale, elle, regarde vers le nord, vers la cité ancienne : un court trajet en navette ou en taxi suffit pour passer des installations modernes aux ruelles du vieux Yanbu. Le contraste résume l'Arabie saoudite d'aujourd'hui, qui ouvre ses portes aux voyageurs et restaure ses quartiers historiques avec un soin tout neuf.

La vieille ville et la maison de Lawrence

Le quartier historique d'Al-Balad aligne ses demeures de corail et de bois autour d'un souq ombragé où l'on vend dattes, encens, tissus et café à la cardamome. Les façades restaurées laissent voir la technique ancienne : blocs coralliens tirés du récif, poutres de bois sombre, balcons ajourés qui captent la brise marine. Le tracé serré des ruelles garde la logique d'un comptoir d'autrefois : ombre maximale, courants d'air canalisés, entrepôts à deux pas des barques. C'est dans l'une de ces maisons qu'aurait logé T.E. Lawrence, le fameux Lawrence d'Arabie, quand Yanbu servait de base à la révolte arabe durant la Première Guerre mondiale; les habitants montrent volontiers la bâtisse et racontent l'épisode avec fierté. Au petit matin, le marché aux poissons voisin s'anime autour des mérous et des carangues débarqués de la nuit, sous les criées des enchères.

La corniche et les jardins face à la mer

La ville s'est donné de longues corniches aménagées, ponctuées de palmiers, de pelouses et de jeux pour enfants. Les familles s'y installent en fin d'après-midi, thermos de thé posé sur les nattes, pendant que les promeneurs suivent le rivage jusqu'aux petites plages de sable clair. Le soir venu, les stands de maïs grillé et de thé au lait épicé parfument la promenade. Le voyageur en escale y goûte une Arabie quotidienne et paisible, loin des images convenues : on le salue, on l'interroge sur son pays, on lui offre parfois des dattes et un café à la cardamome, sans autre raison que l'hospitalité du désert.

Les récifs, trésor sous la surface

Le large de la cité compte parmi les secteurs de plongée les plus réputés de la mer Rouge saoudienne. Coraux intacts, tombants vertigineux et poissons multicolores attirent les plongeurs certifiés, tandis que des sorties d'apnée plus accessibles se déroulent près des îlots et des lagons. Plusieurs excursions de croisière proposent une demi-journée en mer, palmes aux pieds; l'eau, chaude et translucide une bonne partie de l'année, réserve aux premiers masques qui s'y trempent une surprise dont on parle encore au dîner.

Repères pour l'escale

SiteDistance du quaiAccès
Vieille ville (Al-Balad)Court trajetNavette ou taxi
Corniche et plages urbainesQuelques kilomètresTaxi
Récifs de la mer RougeSelon l'excursionBateau

Au coucher du soleil, la pierre de corail prend une teinte de miel et les silhouettes des minarets se découpent sur un ciel orangé, pendant que les familles regagnent la corniche pour la soirée. On remonte à bord avec l'impression d'avoir entrouvert une porte encore récente : celle d'un pays qui apprend à se raconter aux voyageurs, et qui le fait ici sans décor ajouté, simplement avec sa mer, son corail et sa mémoire de caravanes.