Des pirogues chargées de bananes et de poissons-perroquets convergent vers le marché du bord de l'eau : c'est la première image de Gizo, chef-lieu de la Province occidentale des îles Salomon. Les navires mouillent dans le lagon, entre les taches turquoise des récifs, et les navettes déposent les passagers sur la petite jetée, en plein centre de la bourgade. En quelques pas, on se retrouve au milieu des étals, dans une animation joyeuse qui donne le ton de la journée. Autour du navire, l'eau passe du bleu profond au vert pâle selon les fonds, annonçant déjà les récifs qui font la réputation des lieux.
Une bourgade des mers du Sud
Gizo aligne ses commerces de tôle et de bois le long d'une rue principale qui suit le rivage. Pas de circulation pressée ni de grands hôtels : des écoliers en uniforme, des vendeuses de noix de bétel, des pêcheurs qui déchargent leur prise. Le marché reste le meilleur endroit pour prendre le pouls de l'archipel; on y trouve ananas, taros, poissons du lagon et quelques sculptures sur bois, vendus sans insistance et avec le sourire.
L'îlot de Kennedy
À une courte traversée en bateau, un îlot minuscule porte un nom célèbre. En août 1943, la vedette-torpilleur PT-109, commandée par un jeune lieutenant nommé John F. Kennedy, est éperonnée de nuit par un destroyer japonais. Le futur président et ses hommes nagent plusieurs heures jusqu'à ce banc de sable couronné de cocotiers, aujourd'hui appelé Kennedy Island. On peut s'y baigner, pique-niquer et faire le tour de l'îlot en quelques minutes, en songeant à la nuit où l'histoire américaine a failli basculer dans ce lagon. L'endroit est resté tel quel : du sable, des cocotiers, une eau limpide, et le récit transmis par les guides locaux.
Sous la surface, la guerre et le corail
Les eaux de Gizo se classent parmi les plus réputées du Pacifique Sud pour la plongée. Les récifs y sont exubérants, peuplés de tortues, de raies et de bancs de fusiliers, mais ce sont les vestiges de la Seconde Guerre mondiale qui font la singularité des lieux : le cargo japonais Toa Maru, couché sur le flanc à proximité, ainsi que des épaves d'avions reposant sur le sable, accessibles aux plongeurs certifiés. Les amateurs d'apnée trouvent leur compte sur les platiers coralliens proches, où la visibilité est souvent remarquable. Les centres locaux organisent les sorties selon la météo et le niveau des participants, dans une eau qui dépasse 28 degrés la majeure partie de l'année.
Villages et coutumes
Certaines escales incluent la visite de villages voisins, où les habitants présentent danses, tressage et cuisine au four de pierres. Ces rencontres, organisées avec les communautés elles-mêmes, donnent un aperçu de la vie insulaire : églises de bois, jardins vivriers, pirogues taillées à la main. Les enfants suivent les visiteurs en riant, les aînés saluent depuis les vérandas. Partout, la journée se règle sur la marée et sur les cloches des églises, dans une simplicité qui ne se donne pas en spectacle.
Repères pour l'escale
| Élément | Détail |
| Débarquement | Au mouillage, navettes vers la jetée du centre |
| À ne pas manquer | Marché du front de mer, excursion vers Kennedy Island, plongée ou apnée sur les récifs |
| Monnaie | Dollar des Salomon; argent comptant recommandé, les cartes étant peu acceptées |
| À prévoir | Chaussures d'eau, protection solaire et petites coupures pour les étals |
Au retour, tandis que les pirogues raccompagnent le navire un bout de chemin, on comprend ce qui distingue Gizo des escales tropicales interchangeables : ici, rien n'a été construit pour le visiteur. Le lagon, les épaves, les étals et les rires des enfants composent simplement le quotidien d'un archipel — et c'est ce quotidien, entrevu quelques heures, qui reste en mémoire.