Honiara Guadalcanal, Solomon Islands
Solomon Islands

39 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Guadalcanal. Pour des générations entières, ce nom a d'abord été celui d'une bataille. C'est aujourd'hui celui d'une île verte et escarpée des Salomon, dont la capitale, Honiara, accueille les navires au terminal de Point Cruz, inauguré fin 2024 en plein cœur de Honiara. On débarque à quelques centaines de mètres de l'artère principale, l'avenue Mendana, du nom du navigateur espagnol Alvaro de Mendana, qui aborda l'archipel au XVIe siècle. La pointe elle-même s'appelle Point Cruz en souvenir de la croix qu'il y aurait plantée en 1568, bien avant que la ville n'existe.

Premiers pas dans la capitale

La ville se parcourt à pied depuis le quai, à condition d'accepter la chaleur humide et un trottoir parfois inégal. L'avenue Mendana aligne banques, boutiques et bureaux dans une ambiance de capitale du Pacifique affairée mais sans hâte. Le Musée national, modeste et attachant, installé dans un jardin à quelques minutes du terminal, présente les cultures des neuf provinces de l'archipel : monnaies de coquillages, pirogues, ornements de danse. Il offre une clé précieuse pour comprendre un pays où coexistent des dizaines de langues.

Le marché central

Quelques minutes plus loin, le marché central de Honiara déborde de produits des jardins et de la mer : ignames, taros, ananas mûrs et sucrés, poissons du récif tout juste débarqués, et des pyramides de noix de bétel. Les vendeuses arrivent parfois en bateau des villages côtiers dès l'aube. C'est le meilleur endroit pour sentir battre la vie quotidienne des Salomonais, et l'un des rares où l'on peut acheter directement aux productrices. Les sculptures sur bois et les paniers tressés vendus autour du marché comptent parmi les souvenirs les plus honnêtes du Pacifique : faits ici, par des mains d'ici.

La mémoire de 1942

Autour de la ville, les collines portent encore la trace de l'une des campagnes les plus âpres de la Seconde Guerre mondiale. De 1942 à 1943, Américains et Japonais se sont disputé cette île et sa piste d'aviation, l'actuel aéroport international Henderson. Le mémorial américain de Skyline Ridge domine la baie de ses murs de marbre gravés; le mémorial de la paix japonais, sur le mont Austen, invite au recueillement face à la mer. À Bloody Ridge, un terrain herbeux presque silencieux, il faut un guide pour mesurer ce qui s'y joua. Les excursions organisées combinent généralement ces sites en une demi-journée.

Jardins et bord de mer

Pour une pause plus douce, les jardins botaniques, à l'ouest du centre, rassemblent orchidées et arbres du pays le long de sentiers ombragés. Les amateurs de plongée le savent déjà : les eaux autour de Guadalcanal, surnommées Iron Bottom Sound, abritent des dizaines d'épaves de guerre; des sorties encadrées s'organisent pour les plongeurs certifiés, tandis que d'autres se contentent d'un masque et d'un tuba : à l'ouest de la capitale, deux cargos japonais échoués en 1942 reposent à quelques brasses de la plage de Bonegi, accessibles depuis le rivage.

Avant de descendre à terre

  • Terminal de Point Cruz : en plein centre; l'avenue Mendana est à environ 500 mètres.
  • Marché central : une quinzaine de minutes à pied du terminal.
  • Mémoriaux de la guerre : en véhicule, dans les collines; une demi-journée suffit.
  • Prévoir chapeau, eau et monnaie locale (dollar des Salomon); la chaleur est constante toute l'année.

Remonter à bord

Honiara ne ressemble à aucune escale polie du Pacifique touristique. La ville est brute, vivante, marquée par une histoire immense qui affleure sous les collines. En regagnant Point Cruz, on repense à ce contraste : des étals débordant de fruits à quelques kilomètres de crêtes où tant d'hommes sont tombés. C'est peut-être cela qui reste : un endroit où la mémoire et la vie ordinaire se partagent le même rivage.