Kapellskar Sweden
Sweden

Kapellskär ne joue pas dans la même catégorie que les escales à cathédrales, et il vaut mieux le savoir en descendant la passerelle : ici, pas de vieille ville, pas de musée national, pas de rue commerçante. Ce port de la côte du Roslagen, à environ 90 kilomètres au nord-est de Stockholm, est d'abord un point d'ancrage pratique au bord de l'archipel de Stockholm, l'un des plus vastes du monde avec ses quelque 30 000 îles et îlots. Les terminaux accueillent surtout traversiers et navires de passage; ce que l'escale offre de meilleur se trouve dans les pins, sur le granit rose et au fil de l'eau.

Le décor du Roslagen

Autour des quais s'étend le paysage qui a nourri tant de peintres et d'écrivains suédois : dalles de granit poli descendant doucement vers la Baltique, forêts de pins clairsemées, cabanons rouge falun au bord de criques tranquilles. C'est la Suède des étés en famille, celle des quais de bois où l'on plonge, des groseilliers derrière la maison et des soirées qui n'en finissent pas en juin. Une escale ici se vit comme une parenthèse nature, jumelles et chaussures de marche en main.

La réserve naturelle de Riddersholm

À distance de marche du port, la réserve naturelle de Riddersholm déroule une vingtaine de kilomètres de sentiers entre prairies, boisés et rivages. Les chemins, plats et bien entretenus, traversent d'anciens pâturages où paissent encore des moutons, longent des anses où barbotent eiders et harles, et débouchent sur des pointes rocheuses avec vue dégagée sur le va-et-vient des traversiers. Un petit musée de traditions locales, ouvert en saison, complète la balade. Pour une matinée d'escale, difficile de demander mieux : on quitte le quai, on marche, et la Suède littorale fait le reste.

Gräddö et les plaisirs de l'eau

Le hameau voisin de Gräddö, quelques kilomètres plus au nord, vit au rythme de son petit port de plaisance. On y loue des kayaks de mer pour se faufiler entre les îlots, dans des eaux abritées qui pardonnent aux débutants. Pagayer dans l'archipel, même une heure ou deux, reste la manière la plus juste de comprendre cette côte : le silence, l'odeur d'algue et de résine, les cabanons qui apparaissent au détour d'un rocher. Les excursions des navires organisent aussi des sorties en bateau vers les îles proches, dont certaines effleurent le parc national d'Ängsö, réserve de prairies fleuries préservées comme au XIXe siècle.

Norrtälje ou Stockholm, si le temps le permet

Les escales plus longues ouvrent deux options urbaines. Norrtälje, la petite capitale du Roslagen, à une vingtaine de kilomètres, aligne maisons de bois pastel et cafés le long de sa rivière; c'est la sortie douce, à l'échelle de la région. Stockholm, à environ une heure trente de route, justifie l'excursion d'une journée complète pour sa vieille ville, ses musées et ses quais, mais elle absorbe alors toute l'escale. Beaucoup de passagers choisissent plutôt de rester dans le paysage, et rares sont ceux qui le regrettent.

À savoir avant de descendre

  • Les services au port se limitent au terminal des traversiers : prévoyez eau et collation pour la randonnée.
  • Le terrain est facile, mais les rochers du littoral deviennent glissants sous la pluie.
  • En été, la baignade est possible pour les braves : l'eau de la Baltique reste vivifiante.

Une escale au goût de résine

Quand le navire reprend la mer entre les écueils, on garde de Kapellskär des images sans monument : un sentier sous les pins, un eider filant au ras de l'eau, du granit tiède sous la main. C'est une escale pour ceux qui savent qu'un pays se raconte aussi par ses paysages ordinaires. L'archipel en compte 30 000 déclinaisons; en voici une, tranquille et vraie, qui se gagne d'un bon pas.