Ici, les montagnes tombent dans le Pacifique. La côte est de Taïwan aligne certaines des plus hautes falaises côtières du monde, et Hualien, coincée entre les sommets de la chaîne centrale et l'océan, en constitue la porte d'entrée. Le port se trouve à courte distance du centre-ville, navettes et taxis attendent à la sortie du terminal, et les navires y font escale pour une raison principale : les gorges de Taroko, ce canyon de marbre creusé par la rivière Liwu, à environ 25 km au nord.
Taroko, le canyon de marbre
Sur une vingtaine de kilomètres, la route s'enfonce entre des parois de marbre gris et blanc qui se resserrent parfois jusqu'à ne laisser qu'une fente de ciel. Tunnels taillés à la main, passerelles suspendues au-dessus de l'eau turquoise, temples accrochés aux falaises : le parc national de Taroko compte parmi les grands paysages d'Asie. Une précision s'impose toutefois : le séisme d'avril 2024 a durement touché le secteur, et plusieurs sentiers et sites emblématiques demeurent fermés ou en réfection, tandis que d'autres zones ont rouvert. Les excursions s'adaptent aux secteurs accessibles; renseignez-vous auprès de votre compagnie sur le parcours réellement proposé le jour de l'escale. En remplacement, certaines excursions bifurquent vers la vallée du rift oriental, longue plaine agricole serrée entre deux chaînes de montagnes, où alternent rizières, plantations de pomelos et petites gares de campagne.
Qixingtan, la plage aux galets
Plus près du port, la baie de Qixingtan déroule son arc de galets gris polis face à un Pacifique d'un bleu profond, avec les contreforts de la chaîne centrale en toile de fond. On n'y nage guère, le rivage plongeant vite, mais on y marche longuement en écoutant rouler les galets sous les vagues, on y fait voler des cerfs-volants et l'on y comprend d'un coup d'œil la géographie de l'île : la montagne d'un côté, l'océan de l'autre, et une mince bande habitée entre les deux.
La ville, entre héritage japonais et culture aborigène
Hualien même se parcourt sans programme précis. Le Pine Garden, ancien bâtiment militaire japonais posé sur une butte parmi les pins centenaires, rappelle le demi-siècle d'occupation nipponne et offre une vue dégagée sur l'embouchure du fleuve. Le quartier créatif installé dans une ancienne distillerie accueille ateliers et expositions. La région demeure aussi l'un des foyers des peuples autochtones de Taïwan, notamment les Amis et les Truku; leurs motifs, leur musique et leur cuisine affleurent dans les boutiques et sur les marchés.
Le soir venu, le marché de nuit
Si l'horaire de l'escale le permet, le marché nocturne de Dongdamen rassemble des centaines d'étals : brochettes aborigènes de sanglier, raviolis, jus de fruits de montagne, jeux d'adresse. C'est la version taïwanaise de la place publique, bruyante et bon enfant, où les familles soupent tard entre les rangées de lanternes. Les timides commenceront par un jus de canne et un sac de beignets à la patate douce : personne n'y résiste bien longtemps.
Quelques distances
- Port de Hualien : à quelques kilomètres du centre; navettes ou taxis à la sortie du terminal.
- Gorges de Taroko : environ 25 km, 40 minutes de route; accès selon les secteurs ouverts.
- Qixingtan : environ 8 km du port.
- Monnaie : le nouveau dollar de Taïwan; le comptant reste utile sur les marchés.
Face au Pacifique
En reprenant la mer, le regard suit longtemps la muraille verte qui monte droit derrière la ville. Hualien laisse le souvenir d'une nature écrasante et d'une population qui compose avec elle, entre typhons et tremblements de terre, sans rien perdre de sa douceur. On repart avec du sel sur les lèvres et, en tête, l'eau turquoise de la Liwu entre ses parois de marbre.