Isle of Staffa Scotland
United Kingdom

25 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Des colonnes de basalte sortent de la mer comme les tuyaux d'un orgue géant. Voilà Staffa, îlot inhabité des Hébrides intérieures, que les navires d'expédition et les petits bateaux abordent au large de l'île de Mull, en Écosse. Aucun village, aucune boutique, aucun café : cette escale se résume à la rencontre entre la roche volcanique, l'océan et les oiseaux marins. C'est précisément ce qui la rend mémorable.

Un débarquement qui se mérite

Staffa ne possède ni port ni terminal. Les croisiéristes rejoignent l'île en embarcation légère jusqu'à une petite jetée métallique aménagée sur la côte est, lorsque l'état de la mer le permet. Le débarquement demeure toujours conditionnel à la météo, et c'est le capitaine qui tranche le matin même. Un escalier raide, récemment élargi et sécurisé, grimpe ensuite du quai vers le plateau herbeux qui coiffe le sommet. Prévoyez des chaussures fermées à semelles adhérentes : la roche reste humide en tout temps. Les personnes à mobilité réduite peuvent rester à bord sans regret : la vue depuis la mer vaut à elle seule le déplacement.

La grotte de Fingal

Depuis la jetée, un sentier naturel formé par le sommet des colonnes basaltiques longe la falaise jusqu'à l'entrée de la grotte de Fingal. On avance littéralement sur la tranche des piliers hexagonaux, une main sur le câble fixé à la paroi. À l'intérieur, la houle résonne sous la voûte comme dans une cathédrale de pierre noire. Le compositeur Felix Mendelssohn, de passage en 1829, en tira son ouverture Les Hébrides; la musique du lieu n'a pas changé depuis. Comptez une vingtaine de minutes pour l'aller-retour, en marchant sans se presser.

Les macareux du plateau

L'autre raison de débarquer niche au sommet des falaises. De la fin avril au début août, les macareux moines creusent leurs terriers dans les pentes herbeuses du versant nord. Les voyageurs qui s'assoient tranquillement en retrait des terriers voient souvent ces petits oiseaux au bec orangé se poser à quelques mètres d'eux, des lançons plein le bec. Le spectacle demande simplement de l'immobilité et un peu de patience. Hors saison de nidification, guillemots, pétrels fulmars et phoques animent les eaux environnantes, et les naturalistes du bord se font un plaisir de les identifier.

Organiser son heure à terre

Le temps accordé à terre varie selon les navires, mais tourne souvent autour d'une heure. Une répartition éprouvée :

  • une vingtaine de minutes vers la grotte de Fingal par le sentier des colonnes;
  • une trentaine de minutes sur le plateau, côté nord, pour observer les macareux en saison;
  • quelques minutes en réserve pour l'escalier et les photos près de la jetée.

Le site appartient au National Trust for Scotland, qui en protège la flore et les colonies d'oiseaux. On n'y laisse rien, on n'y cueille rien, et l'on garde ses distances avec les nids.

Si le débarquement est annulé

Quand la houle interdit d'accoster, les navires effectuent généralement une navigation lente devant la façade basaltique. Vue de la mer, l'architecture volcanique se lit encore mieux : le socle de colonnes régulières, la masse sombre de la grotte, les vagues qui s'y engouffrent. Plusieurs passagers considèrent ce passage au ralenti comme un moment fort de leur itinéraire écossais, jumelles à la main sur le pont.

Le retour à bord

On quitte Staffa les cheveux pleins de vent, avec le cri des oiseaux en tête et, souvent, une photo de macareux dont on sera fier longtemps. Elle disparaît vite dans le sillage, réduite à une ligne sombre posée sur l'Atlantique. Ce que l'on ramène tient en peu de mots : une heure de marche sur un orgue de pierre, au milieu de la mer. Peu d'escales offrent autant avec si peu.