Camden ME Maine

Ici, les montagnes tombent littéralement dans la mer. Camden est l'un des rares endroits de la côte atlantique américaine où des sommets boisés dominent directement un mouillage rempli de grands voiliers, et cette rencontre a fait sa réputation bien au-delà du Maine. Les navires de croisière côtière mouillent dans le havre ou s'amarrent selon leur taille, et la navette dépose les passagers au pied de Main Street, entre les mâts des goélettes et les vitrines. À l'entrée du mouillage, le petit phare de l'île Curtis salue chaque arrivée depuis son îlot boisé.

Un mouillage de goélettes

Le bassin de Camden sert de port d'attache à plusieurs grands voiliers traditionnels, ces fameux windjammers qui promènent leurs passagers dans la baie de Penobscot depuis des générations. Certains, construits au début du vingtième siècle, sont classés monuments historiques flottants. En saison, des sorties de deux heures permettent de hisser les voiles avec l'équipage et de longer la côte au rythme du vent, entre îles boisées et manoirs d'été. Le craquement des poulies, le claquement de la toile et l'odeur du goudron de calfat composent une bande sonore que les moteurs ont fait oublier presque partout ailleurs. Réserver tôt dans la journée reste la meilleure stratégie, car les places partent vite les beaux jours. Ceux qui préfèrent rester à quai profiteront du spectacle gratuit des manœuvres d'appareillage, voiles hissées à la force des bras au son des chants de marins.

Le sommet qui a inspiré une poète

Au-dessus du village, le mont Battie constitue le belvédère emblématique de la région. Une route panoramique grimpe jusqu'au sommet, à l'intérieur du parc d'État de Camden Hills, et une tour de pierre y prolonge encore la vue : le havre et ses voiliers en contrebas, la baie constellée d'îles, et l'horizon marin à perte de regard. C'est ce paysage qui inspira à Edna St. Vincent Millay, alors toute jeune, les vers de son poème « Renascence » ; une plaque au sommet le rappelle. Les marcheurs préféreront le sentier qui monte depuis le village en une heure environ, raide par endroits mais récompensé à chaque pause par des trouées sur la baie. Le parc compte au total plus de quarante kilomètres de sentiers pour tous les mollets.

Le village entre deux cascades

Peu de gens le savent avant d'y débarquer : une rivière traverse la localité et se jette dans le bassin par une chute visible depuis le pont de Main Street. Autour, les rues alignent librairies, boutiques de laine et d'articles de marine, galeries et cafés dans des bâtiments de brique et de bois soigneusement entretenus. Le parc du havre et son amphithéâtre de verdure, dessinés dans l'esprit des grands paysagistes américains, descendent en terrasses vers l'eau ; on y pique-nique face aux voiliers avec un rouleau au homard acheté à deux pas, pendant que les enfants comptent les annexes qui font la navette entre les mouillages.

Trois façons de vivre l'escale

  1. Côté mer : sortie à voile sur une goélette historique dans la baie.
  2. Côté montagne : montée au mont Battie, à pied ou en excursion, pour le panorama.
  3. Côté village : flânerie, chute d'eau, bouquinage et terrasses au bord du havre.

Là où la côte du Maine se résume

Les habitants aiment dire qu'ils vivent à l'endroit « où les montagnes rencontrent la mer », et la formule décrit très exactement l'escale. Tout ce qui compose l'attrait du Maine s'y trouve réuni en format marchable : granit, sapins, voiles, homard et lumière dorée. Au moment où la navette regagne le bord, le mont Battie veille toujours sur les mâts, et l'image s'imprime durablement : on connaît des voyageurs qui reviennent chaque été la vérifier.