Depuis le pont d'un navire amarré à Cape Liberty, le regard embrasse d'un seul coup la baie de New York : les gratte-ciel de Manhattan à l'horizon, la statue de la Liberté presque en face, les traversiers qui strient l'eau grise. Ce port de Bayonne, au New Jersey, occupe une ancienne péninsule militaire avancée dans la baie, et il est devenu la porte d'embarquement new-yorkaise de milliers de croisiéristes chaque semaine.
Un port de départ avant tout
On ne vient pas ici découvrir une ville : on y commence ou on y termine sa croisière. Le terminal, exploité par Royal Caribbean, accueille les navires du groupe, dont ceux de Celebrity Cruises, pour des itinéraires vers les Bermudes, les Caraïbes, les Bahamas ou le Canada et la Nouvelle-Angleterre. Les installations sont modernes et le processus d'embarquement, généralement fluide. Des hôtels voisins proposent des forfaits avec stationnement et navette vers le quai, une formule appréciée des familles venues en voiture. Une particularité à connaître : la zone portuaire n'est accessible qu'en véhicule, taxi, navette ou voiture, jamais à pied.
Manhattan à portée de main
La grande affaire d'un départ de Bayonne, c'est New York. La ville se trouve à une trentaine de kilomètres par la route, soit environ 45 minutes en conditions normales, davantage aux heures de pointe. Les voyageurs prévoyants arrivent un ou deux jours avant l'embarquement pour s'offrir l'essentiel : Times Square et Broadway, Central Park au petit matin, la High Line, un traversier vers Staten Island, qui croise la célèbre dame au flambeau, ou l'un des grands musées de la Cinquième Avenue. Dormir à Jersey City ou à Newark permet souvent de réduire les coûts d'hôtel tout en restant à distance raisonnable du port.
Du côté du New Jersey
Cette rive mérite mieux que sa réputation de simple banlieue. Le parc d'État Liberty, tout proche, aligne ses pelouses face à la skyline et abrite le Liberty Science Center, apprécié des familles. Les quais de Jersey City et de Hoboken offrent les plus belles vues photographiques sur les gratte-ciel, surtout au coucher du soleil, et leurs restaurants valent le détour. L'aéroport de Newark, à une vingtaine de minutes du terminal, simplifie la logistique des passagers venus du Québec. Le jour de l'embarquement, mieux vaut réserver son transfert d'avance et prévoir une bonne marge : les ponts et tunnels de la région se congestionnent sans prévenir, et le navire, lui, n'attend pas.
| Point d'intérêt | Distance du terminal | Trajet |
| Parc d'État Liberty | Environ 8 km | 15 min en voiture |
| Manhattan (centre) | Environ 29 km | 45 min et plus |
| Aéroport de Newark | Environ 15 km | 20 min en voiture |
L'appareillage, moment fort de la croisière
Le vrai spectacle commence quand les amarres tombent. Le navire pivote lentement dans la baie, longe la statue de la Liberté d'assez près pour distinguer les plis de sa robe, salue Ellis Island, puis met le cap sur le pont Verrazzano-Narrows, qu'il franchit dans la lumière du soir avant de gagner l'Atlantique. Les ponts extérieurs se remplissent, les téléphones se lèvent, et même les croisiéristes les plus blasés admettent que peu de départs au monde soutiennent la comparaison.
Un conseil d'initié : réserver tôt sa place bâbord au départ, côté statue, et prévoir une veste, car le vent de la baie surprend même en été. Au retour, le passage inverse à l'aube, quand Manhattan s'allume derrière la statue, console de la fin du voyage.
Ce port joue ainsi un rôle singulier dans le paysage des croisières : ni destination ni simple stationnement, mais un seuil. On y quitte l'Amérique par sa porte la plus symbolique, celle qu'ont franchie des millions d'immigrants en sens inverse. Difficile de trouver ouverture plus chargée de sens pour une traversée vers le large.