À quelques encablures des tours de Miami, le décor change du tout au tout : eaux turquoise peu profondes, palétuviers, voiliers à l'ancre et un phare de brique dressé au-dessus des palmiers. Key Biscayne, île-barrière reliée au continent par une longue chaussée, offre aux petites unités de croisière un mouillage paisible en baie de Biscayne, avec la skyline de la métropole floridienne en toile de fond. L'escale joue sur ce contraste permanent : la grande ville est là, visible, mais tout ici respire la détente insulaire.

Un mouillage face à la skyline

Les navires de type yacht jettent l'ancre dans les eaux abritées de la baie et débarquent leurs passagers en annexe, généralement du côté des marinas ou du parc d'État qui occupe la pointe sud. Dès la mise à terre, tout se fait à vélo ou à pied : l'île mesure à peine quelques kilomètres de long, plate comme la main, quadrillée de pistes cyclables ombragées.

Le doyen de Miami

À l'extrémité sud, le parc d'État Bill Baggs Cape Florida protège plages, dunes et forêt littorale. Son joyau est le phare du cap Floride, bâti en 1825 : c'est la plus ancienne construction encore debout du comté de Miami-Dade. L'ascension de ses 109 marches en colimaçon débouche sur une galerie circulaire d'où la vue porte sur l'Atlantique, la baie, les plages et, au loin, les curieuses maisons sur pilotis de Stiltsville, plantées en pleine eau depuis les années 1930. Des visites guidées gratuites racontent l'histoire mouvementée du site, incendié lors des guerres séminoles en 1836, rehaussé ensuite, et aujourd'hui inscrit au réseau du chemin de fer clandestin : au début du dix-neuvième siècle, des esclaves fugitifs s'embarquaient discrètement d'ici vers la liberté des Bahamas.

Plages, sentiers et coins de fraîcheur

La plage du parc, régulièrement classée parmi les plus agréables des États-Unis, déroule un sable clair adossé aux raisiniers de mer. Côté baie, le petit refuge de No Name Harbor réunit plaisanciers et promeneurs autour d'un restaurant de bord de l'eau où les ceviches se dégustent les pieds au sec, face aux voiliers; en saison fraîche, un lamantin vient parfois y pointer le museau entre deux coques. Un sentier asphalté d'environ 2,5 km fait le tour du parc à l'ombre des pins d'Australie; les vélos se louent à l'entrée, formule idéale pour occuper une matinée entière sans voir passer le temps.

Crandon Park et la nature insulaire

Au nord, Crandon Park occupe une ancienne plantation de cocotiers et aligne plus de trois kilomètres de plage publique protégée par un lagon, des aires de pique-nique et un centre nature qui organise des sorties d'observation : raies, bernard-l'ermite et oiseaux de rivage peuplent les hauts-fonds. Entre les deux parcs, le village de Key Biscayne égrène cafés, boutiques et restaurants dans une atmosphère résidentielle et polyglotte, où l'espagnol se mêle à l'anglais sur toutes les terrasses, cortaditos et jus de fruits frais à l'appui.

Avant de descendre à terre

  • Vélo et marche suffisent pour tout couvrir; les taxis et voiturettes complètent au besoin.
  • Le phare se gravit lors de visites guidées à horaires fixes; arrivez tôt en haute saison.
  • L'entrée des deux grands parcs est payante, en dollars américains.
  • Soleil de plomb et ombre rare sur les plages : parasol, eau et crème solaire indispensables.
  • Moustiques présents près des mangroves en été : un répulsif rend service.

Entre deux mondes

L'ancre remonte souvent à l'heure où le soleil descend derrière les gratte-ciel de Miami, pendant que le phare s'allume à la pointe sud. Deux lumières, deux univers, quelques centaines de mètres d'eau entre les deux : c'est tout le charme de Key Biscayne, l'île qui permet de goûter à la Floride sauvage sans jamais perdre la grande ville de vue.