Kodiak Island Alaska

94 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Viking Ocean Cruises (27 Croisières)

L'odeur d'iode et de poisson frais annonce la couleur : Kodiak vit de la mer, et ne s'en cache pas. Deuxième plus grande île des États-Unis, verdoyante au point d'avoir mérité le surnom d'île Émeraude, elle abrite l'un des ports de pêche les plus productifs du pays. Les chalutiers et les crabiers occupent les bassins, les conserveries bordent le rivage, et les navires de croisière qui s'y arrêtent découvrent une Alaska qui travaille, loin des circuits les plus fréquentés du sud-est.

Un centre-ville à portée de marche

Le quai des navires se trouve à distance de marche du centre-ville, dont les rues compactes se parcourent en une heure ou deux. Tout est concentré : musées, cathédrale, boutiques d'articles de pêche et cafés où les équipages viennent se réchauffer. On y prend le pouls d'une communauté insulaire d'environ 6 000 habitants, façonnée par les Alutiiq, par la colonisation russe, puis par l'industrie halieutique américaine. Les boutiques vendent aussi bien des bottes de pont que des œuvres d'artistes locaux, et l'on y discute quotas de pêche comme ailleurs on parle météo.

L'héritage russe d'Amérique

Kodiak fut la première capitale de l'Amérique russe, avant que le siège de la colonie ne soit déplacé à Sitka. La maison Erskine, bâtie au début du XIXe siècle comme entrepôt de la Compagnie russo-américaine, compte parmi les plus anciens bâtiments d'origine russe de la côte ouest ; elle abrite un musée d'histoire locale où se côtoient objets alutiiq, souvenirs coloniaux et témoignages du tsunami de 1964, qui dévasta le port. Tout près, les dômes bleus de l'église orthodoxe de la Sainte-Résurrection rappellent que la foi orthodoxe demeure vivante ici depuis plus de deux siècles.

La culture alutiiq

Le musée Alutiiq complète la visite en donnant la parole au peuple qui habite l'archipel depuis des milliers d'années. Harpons, kayaks, masques cérémoniels et programmes de revitalisation de la langue composent un portrait vivant plutôt qu'une vitrine figée. C'est une halte discrète, mais elle change le regard que l'on pose ensuite sur les baies et les montagnes environnantes.

Fort Abercrombie, la forêt et la guerre

À quelques kilomètres au nord du centre, accessible en taxi en une dizaine de minutes, le parc historique d'État de Fort Abercrombie mêle deux univers qui n'auraient jamais dû se rencontrer : des bunkers et des emplacements d'artillerie de la Seconde Guerre mondiale, construits pour parer une attaque japonaise, et une forêt côtière d'épinettes de Sitka suspendue au-dessus des falaises. Les sentiers serpentent entre les vestiges militaires, les fougères et les points de vue sur l'océan, où passent parfois des loutres de mer.

Le royaume du grand ours brun

Impossible d'évoquer l'île sans parler de son habitant le plus célèbre. L'ours kodiak, sous-espèce d'ours brun parmi les plus imposantes au monde, règne sur le refuge faunique national qui couvre la majeure partie de l'île. Le centre d'accueil du refuge, au centre-ville, présente l'écosystème sans qu'il soit besoin de s'éloigner du navire. L'observation réelle, elle, exige un vol en hydravion : certaines excursions le proposent lorsque la durée de l'escale le permet, et l'expérience compte parmi les plus mémorables de l'Alaska.

Suggestions selon le temps disponible

  • Deux à trois heures : centre-ville, musée de la maison Erskine et église orthodoxe.
  • Une demi-journée : ajouter Fort Abercrombie et le centre d'accueil du refuge faunique.
  • Journée complète : excursion guidée d'observation ou survol de l'île en hydravion.

Larguer les amarres

Au moment du départ, ce sont les bateaux de pêche qui escortent le navire hors de la baie, comme pour rappeler qui travaille ici à l'année. Kodiak ne cherche pas à séduire ; elle continue simplement de vivre comme elle l'a toujours fait, entre les filets, les icônes et les ours. C'est cette franchise-là qui reste en tête, bien après avoir quitté l'île Émeraude.