Mackinac Island Michigan, Lake Huron

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Viking Ocean Cruises (96 Croisières)

Viking Octantis.

Viking Octantis

634 Passagers
30150 tonnes
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Viking Polaris.

Viking Polaris

634 Passagers
30150 tonnes
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Ce qui frappe d'abord, c'est un bruit qui manque : celui des moteurs. Depuis 1898, l'automobile est interdite sur l'île Mackinac, posée dans le détroit qui relie le lac Huron au lac Michigan. On y circule à vélo, à pied ou en calèche, au son des sabots sur l'asphalte. Pour les passagers des croisières des Grands Lacs, l'arrivée tient déjà du voyage dans le temps : depuis 2026, la plupart des navires mouillent au large ou accostent sur la rive continentale, et un traversier privé effectue la liaison vers l'île — une approche qui laisse admirer la silhouette du Grand Hotel bien avant d'accoster.

Main Street et le parfum de fudge

Le débarcadère ouvre directement sur Main Street, où l'odeur de sucre chaud renseigne avant les enseignes : l'île compte une douzaine de boutiques de fudge, sa confiserie fétiche, préparée à la vue sur des tables de marbre. Entre deux dégustations, la rue aligne hôtels à galeries, loueurs de vélos et écuries de calèches. L'ambiance évoque une station de villégiature victorienne restée en service : c'est exactement ce qu'elle est, les grandes familles des Grands Lacs y passant l'été depuis le dix-neuvième siècle.

Le tour de l'île à vélo

L'activité reine tient en une boucle : la route côtière M-185, seule route d'État américaine interdite aux automobiles, fait le tour complet de l'île en un peu plus de 13 kilomètres, plate et entièrement en bord d'eau. En vélo de location, compter une heure et demie avec les arrêts. L'eau du Huron y décline des bleus qu'on croirait tropicaux, les formations calcaires se succèdent le long des grèves, et les voiliers croisent au large. Peu d'escales offrent une activité aussi simple et aussi satisfaisante.

Arch Rock et les hauteurs

À l'est de l'île, l'Arch Rock enjambe la falaise : une arche calcaire naturelle d'environ 15 mètres de portée, perchée à quelque 45 mètres au-dessus du lac. Les Anichinabés y voyaient un lieu sacré; les géologues, le travail patient des vagues d'un lac ancien. On y monte par des escaliers depuis la route côtière ou en calèche par l'intérieur. Le fort Mackinac, ouvrage britannique du dix-huitième siècle blanchi à la chaux, complète la visite en surplomb du village, canons, casernes et vue imprenable sur le détroit.

L'escale se savoure d'autant mieux qu'on la prépare un peu : les vélos de location partent vite les jours d'affluence, mieux vaut s'équiper dès la descente du traversier. La saison des croisières des Grands Lacs court de la fin du printemps au début de l'automne, quand l'île embaume le lilas puis les feuillages; une petite laine reste utile, le vent du large rafraîchissant même les beaux jours. Les paiements se font en dollars américains, cartes acceptées jusque dans les calèches.

Le Grand Hotel et son porche sans fin

Impossible d'ignorer le Grand Hotel, palace de bois de 1887 dont le porche à colonnades — environ 200 mètres, le plus long au monde — domine des jardins étagés. Les non-clients peuvent, moyennant un droit d'entrée, parcourir les salons et prendre le thé dans un décor qui a accueilli présidents et vedettes. Sa silhouette blanche au-dessus des lilas reste l'image signature de l'île, celle qui apparaît dès l'approche en bateau.

Repartir au pas des chevaux

Au retour vers le débarcadère, on remarque ce qui rend l'endroit si singulier : personne ne klaxonne, personne ne se presse. L'île Mackinac a choisi il y a plus d'un siècle un autre rapport au temps, et l'escale en offre une dose concentrée. Sur le traversier du retour, entre le cri des goélands et l'écume du détroit, beaucoup se promettent la même chose : revenir un jour dormir sur l'île, pour l'entendre vraiment, une fois les visiteurs partis.