Muskegon MI Michigan

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American Cruise Lines (20 Croisières)

American Patriot

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Un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale amarré au bord d'un lac intérieur : voilà qui résume bien Muskegon, ville portuaire du Michigan où l'histoire navale américaine s'est donné rendez-vous à des centaines de kilomètres de l'océan. Les navires de croisière des Grands Lacs accostent à Heritage Landing, un parc riverain en plein centre, et la plupart des attraits se rejoignent à pied ou en quelques minutes de véhicule.

Une flotte de musées

Muskegon Lake, le plan d'eau protégé qui sépare la ville du lac Michigan, abrite une collection de navires-musées rare en Amérique du Nord :

  • L'USS Silversides, sous-marin de classe Gato entré en service peu après Pearl Harbor : quatorze patrouilles dans le Pacifique, vingt-trois navires ennemis coulés, douze étoiles de combat. On circule dans ses coursives étroites, entre torpilles et couchettes superposées, guidé par des passionnés qui connaissent chaque manette du bord.
  • L'USS LST 393, l'un des rares bâtiments de débarquement survivants du Jour J, transformé en musée des vétérans; ses ponts ont porté chars et soldats sur les plages de Normandie.
  • Le SS Milwaukee Clipper, paquebot des années folles, qui rappelle l'époque où l'on faisait la traversée vers le Wisconsin en habits du dimanche, orchestre et salle de cinéma à bord.

Selon l'emplacement de votre navire, un court trajet peut être nécessaire pour rejoindre le Silversides, installé près du chenal qui mène au lac Michigan.

Les barons du bois

Avant les coques grises, il y a eu les billots. À la fin du XIXe siècle, Muskegon sciait des forêts entières et expédiait ses planches vers Chicago; les fortunes bâties alors ont laissé des traces spectaculaires. Les demeures Hackley et Hume, deux résidences victoriennes voisines construites par des magnats du bois, se visitent avec leurs boiseries sculptées, leurs vitraux et leurs tourelles. Charles Hackley, le plus flamboyant des deux, a d'ailleurs légué à sa ville parcs, bibliothèque et hôpital, si bien que son nom s'affiche encore un peu partout dans les rues. Le centre-ville voisin, ponctué de murales et de brasseries artisanales, se prête à une déambulation sans itinéraire précis.

Le sable et l'eau

La ville doit aussi sa réputation à ses plages. Celle de Pere Marquette étire son sable clair face au large, avec un phare rouge au bout du brise-lames et des vagues qui font douter qu'on soit devant un lac. On l'atteint en quelques minutes de taxi ou de navette; l'eau reste fraîche même en été, ce qui n'arrête ni les baigneurs ni les amateurs de planche. Les curieux préféreront peut-être observer le va-et-vient du chenal : traversier rapide vers Milwaukee, voiliers, remorqueurs et, les bons jours, un cargo des Grands Lacs long de plusieurs centaines de mètres.

Pour organiser l'escale

Une demi-journée suffit pour combiner le Silversides et les demeures des barons du bois; une journée entière permet d'ajouter la plage, le Milwaukee Clipper ou simplement une table en terrasse au centre-ville. Les distances demeurent modestes, les stationnements abondants et les chauffeurs bavards : demandez-leur ce qu'était la ville à l'époque des scieries, la conversation durera jusqu'à destination. Un marché fermier réputé anime par ailleurs le centre certains jours de la semaine, l'occasion de goûter cerises et bleuets de la région en saison.

Cette escale surprend par sa densité : de la guerre du Pacifique aux fortunes forestières, du sable des plages aux coursives d'acier, tout tient dans quelques kilomètres carrés autour d'un lac. On quitte Muskegon en ayant traversé un siècle et demi d'histoire américaine, et en se disant, appuyé au bastingage tandis que le phare rouge s'éloigne, que les Grands Lacs n'ont décidément rien à envier aux mers.