New Bedford MA Massachusetts

14 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

American Cruise Lines (14 Croisières)

« Dans cette même ville de New Bedford, tout respire la mer. » Herman Melville savait de quoi il parlait : c'est d'ici qu'il s'embarqua en 1841 sur un baleinier, expérience fondatrice qui nourrirait Moby Dick. La Whaling City, sur la côte sud du Massachusetts, fut au milieu du XIXe siècle le premier centre baleinier de la planète et demeure aujourd'hui le port de pêche le plus lucratif des États-Unis. Les navires de croisière accostent à quelques minutes du quartier ancien, treize pâtés de maisons pavées protégés au sein d'un parc historique national, où flotte certains matins une odeur mêlée de marée et de café.

Le grand récit de la baleine

Tout commence au New Bedford Whaling Museum, le plus vaste musée du genre en Amérique. Sous ses plafonds pendent plusieurs squelettes de cétacés, dont celui d'un rorqual bleu juvénile, et la salle principale abrite le Lagoda, réplique de trois-mâts baleinier à demi-échelle réputée plus grand modèle de navire au monde : on monte à son bord comme le faisaient les recrues d'autrefois, entre barriques et canots suspendus. Collections de scrimshaw, journaux de bord, portraits de capitaines et regards contemporains sur la protection des baleines complètent un parcours qui retient facilement deux heures, davantage pour les passionnés de marine.

La chapelle de Moby Dick

En face du musée, la Seamen's Bethel de 1832 semble sortie du roman, et pour cause : Melville y assista aux offices avant son départ, et son banc porte une plaque discrète. Sur les murs, des cénotaphes de marbre égrènent les noms des équipages qui ne sont jamais revenus, des bancs de Terre-Neuve aux mers du Japon. Peu de lieux résument aussi sobrement ce que coûtait l'huile qui éclairait le monde, et l'on ressort volontiers en silence, pour descendre ensuite la rue pavée vers les bassins comme le faisaient les marins en partance, entre les lanternes et les façades de granit qui n'ont guère changé depuis.

Pavés, comptoirs et lampes à l'ancienne

Autour de ces deux pôles, le parc historique national protège un quartier où banques de granit, ateliers de gréeurs et demeures d'armateurs quakers bordent des rues aux lampadaires d'époque. Les gardes du parc offrent en saison des visites à pied gratuites qui font revivre ce périmètre dense, du comptoir de recrutement aux entrepôts de barils ; le centre d'accueil, installé dans un ancien édifice bancaire, distribue cartes et bons conseils. C'est un endroit rare : un décor du XIXe siècle qui n'a rien d'un décor, puisque la ville continue d'y travailler.

Un port toujours vivant

New Bedford n'est pas un musée à ciel ouvert : ses bassins débordent de chalutiers et de pétoncliers qui font d'elle, année après année, la championne américaine de la valeur débarquée, grâce surtout au pétoncle géant. Des sorties commentées dans le bassin racontent en saison cette industrie bien actuelle, du déchargement des cales à la criée, et les restaurants du front de mer servent le pétoncle dans tous ses états, souvent débarqué le matin même. La forte communauté portugaise et açorienne, héritière directe des équipages baleiniers recrutés aux Açores, ajoute sa touche à la table locale : chouriço grillé et caldo verde se glissent aux menus. Le Fishing Heritage Center, à dix minutes de marche du quai, donne quant à lui la parole aux équipages d'aujourd'hui.

Avant de larguer les amarres

On quitte New Bedford avec des images contrastées : un squelette de rorqual suspendu dans la lumière, des noms gravés dans le marbre d'une chapelle, des caisses de pétoncles hissées sur un quai. La ville qui éclairait le monde à l'huile de cachalot nourrit désormais l'Amérique — et elle raconte cette continuité avec une franchise qui donne à l'escale une profondeur inattendue.