Nome Alaska

16 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Sur la plage de Nome, il arrive encore qu'on croise un chercheur d'or, pelle et batée en main, fouillant le sable gris face à la mer de Béring. La scène n'a rien d'une reconstitution : l'orpaillage y demeure libre, ultime écho de la ruée qui fit surgir cette cité du néant en 1898, quand des dizaines de milliers de prospecteurs débarquèrent sur ce rivage sans arbres du nord-ouest de l'Alaska. Aujourd'hui étape des navires d'expédition en route vers l'Arctique, la localité se rejoint en annexe, le mouillage se faisant au large.

Front Street et l'arche de l'Iditarod

La rue principale longe la mer, bordée de saloons aux façades franches et de commerces qui semblent tenir tête au vent depuis un siècle. En son centre se dresse une arche de bouleau noueux : la ligne d'arrivée de l'Iditarod, la mythique course de traîneaux à chiens qui part chaque mois de mars d'Anchorage, au terme de plus de 1 500 kilomètres de piste. Hors saison, l'arche de bois reste le monument le plus photographié des environs, dressée seule au milieu de la rue, et les habitants racontent volontiers les arrivées nocturnes sous la sirène, quand toute la population sort accueillir les attelages et leurs meneurs épuisés, à trois heures du matin s'il le faut.

La mémoire de la ruée

Le musée commémoratif Carrie M. McLain met en perspective ce destin singulier : photographies des campements de toile alignés sur la plage, outils d'orpaillage, objets de la culture iñupiat qui précède et déborde largement l'épisode minier. Les environs gardent leurs propres archives : d'énormes dragues à godets abandonnées rouillent au milieu des étangs, et les excursions sur les routes de gravier passent près de la « Last Train to Nowhere », trois locomotives à vapeur figées dans la végétation depuis l'échec d'un chemin de fer arctique, il y a plus d'un siècle.

La toundra et ses habitants

Posée sur la côte sud de la péninsule de Seward, non loin du détroit qui sépare l'Amérique de l'Asie, la communauté vit isolée : trois routes partent vers l'intérieur sans jamais rejoindre le réseau routier de l'Alaska, et le ravitaillement arrive par mer ou par air. Cet isolement fait son attrait pour le voyageur curieux. En quelques kilomètres, le paysage s'ouvre, ponctué de rivières à saumons et de collines qui se dorent dès la fin août. Bœufs musqués broutant parfois en bordure des chemins, rennes, renards et une avifaune remarquable — plongeons, bruants des neiges, parfois un harfang — récompensent ceux qui sortent avec un guide. Les rencontres avec la communauté iñupiat, majoritaire ici, donnent à la journée sa dimension humaine : danses au tambour, récits de chasse à la baleine boréale et ivoire de morse sculpté avec une finesse qui se transmet de génération en génération, souvent présentés dans la salle communautaire ou à même la plage.

Bon à savoir

  • Le débarquement s'effectue en annexe ; prévoir des vêtements coupe-vent, même en plein été.
  • Front Street, le musée et l'arche se découvrent à pied en une heure ou deux, boutiques d'artisanat comprises.
  • Les excursions en toundra, les démonstrations d'orpaillage et l'observation de la faune se réservent auprès du navire.
  • Les étés restent frais, autour de 10 à 15 °C, et la météo change vite sur la côte.

Cap sur le détroit

À l'heure du dernier zodiac, le regard s'attarde sur ce rivage bas où tant de destins se sont joués pour quelques onces de métal. Nome n'embellit rien : elle expose ses dragues rouillées, son vent, ses horizons sans fin. C'est une leçon d'Alaska brut, et ceux qui l'ont arpentée savent qu'ils ont touché là quelque chose de rare — l'Amérique des confins, toujours debout face à la mer de Béring.