St Marys GA Georgia, Cumberland Island

Le sifflet du traversier résonne sur la rivière, et une file de randonneurs chargés de sacs embarque pour l'île sauvage d'en face. Cette scène quotidienne résume St. Marys, petite cité côtière du sud de la Géorgie devenue la porte d'entrée du Cumberland Island National Seashore. Les navires de croisière côtière qui s'y arrêtent trouvent un front de mer paisible, marchant à un rythme que le reste du pays semble avoir oublié.

Un front de rivière à échelle humaine

Le quai des traversiers, la marina et le centre d'accueil du parc national se partagent le rivage de la rivière St. Marys, qui marque ici la frontière avec la Floride, prolongés par une promenade aménagée qui invite à la flânerie. Derrière, le quartier historique aligne ses demeures d'avant la guerre de Sécession, ses églises de bois blanc et ses commerces à véranda le long de rues tranquilles bordées de chênes. Tout se parcourt à pied en une heure ou deux, salutations des résidents comprises, car ici on salue volontiers l'étranger de passage. Les chaises berçantes des vérandas, les crevettiers amarrés au ponton et les pavillons du bord de l'eau composent un décor que l'on croirait sorti d'un roman du Sud.

Cumberland, l'île aux chevaux

La grande affaire locale demeure l'île Cumberland, la plus vaste des îles-barrières de Géorgie, protégée en réserve nationale. Le traversier y conduit en une quarantaine de minutes les visiteurs venus marcher sur des plages désertes qui s'étirent sur plusieurs kilomètres, sous des tunnels de chênes verts drapés de mousse espagnole. Des chevaux retournés à l'état sauvage errent librement entre dunes et marais, et les ruines de Dungeness, une résidence incendiée de la famille Carnegie, ajoutent une note romanesque au décor. L'excursion demande une demi-journée complète, à prévoir seulement si l'horaire de l'escale le permet. L'île ne compte ni commerce ni restaurant, aussi faut-il emporter eau et provisions avant d'embarquer.

Périscopes et histoires de marins

Retour en ville, où une curiosité surprend souvent les passagers. St. Marys vit dans le voisinage d'une importante base de sous-marins, et son petit musée du sous-marin rassemble maquettes, uniformes, plaques de commandement et même un périscope en état de marche que chacun peut manœuvrer. La visite ne prend qu'une heure et donne un éclairage inattendu sur cette communauté façonnée par la mer, des goélettes d'autrefois aux géants d'acier d'aujourd'hui.

RepèreÀ savoir
Front de rivièreQuai des traversiers, marina et centre d'accueil du parc
Île CumberlandEnviron 40 minutes de traversier, demi-journée nécessaire
Musée du sous-marinPériscope fonctionnel, environ une heure de visite
Quartier historiqueDemeures anciennes et rues ombragées, tout à pied

Nature de proximité

Pour ceux qui restent à quai, la nature se laisse approcher sans traversée. Le parc d'État de Crooked River, à courte distance de route, déploie ses marais salants, ses palmiers nains et ses sentiers où tortues et tatous croisent les marcheurs. Plus près encore, la promenade riveraine se prête à l'observation des dauphins qui remontent parfois le courant avec la marée. Les restaurants du front de mer servent la crevette sauvage de Géorgie, pêchée au large, qui compose l'essentiel des cartes avec le crabe et l'huître locale.

La Géorgie des marées

En fin de journée, les marais qui entourent la ville prennent une teinte dorée et les hérons pêchent dans les herbes hautes. St. Marys n'a rien d'une destination spectaculaire, et c'est précisément sa force. La petite ville offre au voyageur ce qui se fait rare, du temps, du calme et une nature intacte à portée de traversier. Beaucoup repartent en se promettant de revenir avec des chaussures de marche et une journée entière pour l'île d'en face.