Luganville Espiritu Santo Island, Vanuatu
Vanuatu

53 Croisières disponibles Au départ ou passage à ce port

Sous la surface turquoise de la baie dorment des camions, des grues et des bouteilles de Coca-Cola par milliers. En 1945, l'armée américaine, faute d'acheteurs pour ses surplus de guerre, a tout poussé à la mer au bout d'un quai d'Espiritu Santo. L'endroit s'appelle depuis Million Dollar Point, et il résume bien Luganville : une petite cité du Pacifique Sud où la Seconde Guerre mondiale a laissé des traces partout, jusque dans les fonds marins que les masques et tubas explorent aujourd'hui.

Du quai au centre-ville

Les navires accostent au quai principal, en bordure immédiate de la deuxième agglomération du Vanuatu. La rue principale se rejoint en une dizaine de minutes de marche : commerces chinois centenaires, boulangeries à la française — héritage du condominium franco-britannique — et le marché près du parc Unity, où les mamans vendent taros, ananas et colliers de fleurs sous les manguiers. Un cénotaphe y rappelle les centaines de milliers de soldats américains passés par l'île, transformée en gigantesque base militaire entre 1942 et 1945.

Million Dollar Point et l'épave du Coolidge

À courte distance de route vers l'est, Million Dollar Point se visite depuis la plage : à 10 ou 20 mètres du rivage, le matériel militaire immergé forme un récif d'acier où coraux et poissons ont élu domicile. L'endroit se prête bien à une session de masque et tuba, prudence et chaussons de récif recommandés : le métal affleure par endroits et la marée joue sur la visibilité. Les plongeurs certifiés, eux, visent l'épave du SS President Coolidge, paquebot de luxe devenu transport de troupes, coulé par des mines en 1942 et considéré comme l'une des grandes plongées sur épave de la planète.

Trous bleus et plages du nord

L'intérieur de l'île réserve une autre surprise : les trous bleus, résurgences d'eau douce d'une transparence irréelle, cerclés de jungle et de lianes. Riri et Matevulu comptent parmi les plus visités, accessibles par la route ou, pour le second, en pirogue à balancier depuis la rivière; on s'y baigne dans une eau fraîche aux reflets de saphir. Plus au nord, la route côtière mène à Champagne Beach, arc de sable blanc bordé d'une mer limpide, et au village de Port Olry, où les langoustes grillées se servent les pieds dans le sable. Les excursions de pleine journée combinent généralement deux ou trois de ces arrêts; prévoir maillot, serviette et chaussures d'eau, le programme étant résolument amphibie.

AttraitAccès depuis le quai
Centre-ville et marché10 à 15 minutes à pied
Million Dollar Pointcourt trajet en taxi ou navette
Trous bleusexcursion d'une demi-journée
Champagne Beach et Port Olryexcursion d'une journée

La vie locale a ses codes, faciles à adopter. On paie en vatus, on salue d'un large sourire, et l'on découvre que la population jongle couramment entre le bislama, l'anglais et le français — souvenir du condominium franco-britannique qui administra l'archipel jusqu'en 1980. En fin de journée, les nakamals servent le kava, boisson traditionnelle tirée d'une racine poivrée, au goût terreux et à l'effet apaisant : les curieux peuvent y goûter, une coquille suffit pour l'expérience.

L'île des retrouvailles

Espiritu Santo a inspiré à l'écrivain James Michener, alors jeune officier américain, les récits qui deviendraient la comédie musicale South Pacific. En parcourant ses plages et ses plantations de cocotiers, on comprend ce qui l'avait marqué : une nature exubérante, des habitants d'une gentillesse désarmante, et cette histoire mondiale venue percuter une île du bout du monde. Au moment de rembarquer, le sourire des vendeuses du marché accompagne longtemps. Santo, comme disent les gens d'ici, ne se raconte pas : elle se revient.