Ben Tre City Vietnam

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Emerald Waterways (377 Croisières)

Emerald Harmony

Emerald Harmony

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Emerald Liberte.

Emerald Liberte

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Une odeur de caramel chaud flotte sur les arroyos : quelque part sous les palmes, une famille fait cuire le lait de coco dans de grands chaudrons noircis. Bienvenue à Ben Tre, que tout le Vietnam surnomme, avec une pointe d'envie, le « royaume de la noix de coco ». Posée sur l'un des bras du Mékong, à l'écart des circuits les plus fréquentés du delta, la province offre aux passagers des croisières fluviales une journée entière au ras de l'eau, loin de tout moteur, entre vergers, ateliers familiaux et canaux si étroits que les branches se rejoignent au-dessus des barques.

Glisser en sampan sous les cocotiers

Le grand moment de l'escale tient en une image que l'on gardera longtemps : assis dans un sampan à rames, chapeau conique prêté sur la tête, on remonte des canaux ombragés où seule la godille trouble le silence, dans une lumière verte tamisée par les frondaisons. Les rameuses, souvent des femmes du village voisin, connaissent chaque détour de ce labyrinthe végétal inaccessible aux embarcations plus grandes. Entre les palissades de palmes d'eau, on croise des barques chargées de noix jusqu'à la ligne de flottaison, des pêcheurs relevant leurs nasses tressées et des enfants qui saluent à grands gestes depuis les pontons de bambou, avant de retourner à leurs jeux comme si de rien n'était.

Le caramel de coco, du fruit à la bouchée

Les ateliers de bonbons à la noix de coco jalonnent les rives et ouvrent volontiers leurs portes aux visiteurs, sans billetterie ni mise en scène. Le procédé n'a pas changé depuis des générations : décorticage des noix, râpage de la chair blanche, pressage du lait, puis cuisson lente et patiente au chaudron sur feu de bois jusqu'à obtenir une pâte blonde et souple que l'on étire, découpe et emballe à la main, à une vitesse qui laisse les spectateurs incrédules. La dégustation suit, encore tiède ; les variantes au durian ou au gingembre repartent souvent dans les bagages, et rarement intactes jusqu'au navire.

Miel, fruits et fours à briques

La journée réserve d'autres haltes gourmandes. Dans les fermes apicoles installées au milieu des vergers, on goûte le thé au miel relevé de kumquat, servi dans de petites tasses, en observant les ruches installées sous les arbres fruitiers. Les vergers voisins font passer du pomelo au fruit du dragon selon la saison, souvent en musique, au son des chants traditionnels du delta interprétés par des musiciens du cru. Sur certaines rives se dressent aussi, comme des ruches géantes de terre cuite, de vieux fours à briques où la terre du fleuve cuit encore comme il y a un siècle, empilée et défournée par des mains expertes.

La vie du fleuve, sans décor

Ben Tre séduit précisément parce qu'elle n'a rien aménagé pour la galerie. Les scènes qui défilent — marchés d'embarcadère, séchoirs à fibre, hamacs tendus entre deux troncs, siestes à l'ombre des sampans retournés — appartiennent au quotidien du delta. Les guides locaux, souvent nés sur ces rives mêmes, traduisent les conversations et détaillent mille usages du cocotier, du bol à riz jusqu'aux cordages et aux charbons. On repart en sachant distinguer une palme d'eau d'un aréquier, ce qui n'est pas rien, et en ayant serré quelques mains au passage.

Au retour vers le navire, le soleil rase les rizières et l'odeur de caramel s'attarde sur les vêtements comme un souvenir insistant. Le delta du Mékong compte des escales plus spectaculaires ; il en compte bien peu d'aussi vraies, et cela se sait de plus en plus. Ben Tre ne se visite pas comme un monument : elle se goûte, lentement, une rame après l'autre, et ce sucre-là ne s'oublie pas de sitôt.