La baie dessine un long croissant de sable blond, adossé à des collines ocre où se détachent, en immenses lettres blanches, les mots « Dieu, la Patrie, le Roi ». Depuis le pont, Agadir surprend : ni médina millénaire, ni remparts refermés sur un dédale de ruelles, mais une station moderne tournée vers l'Atlantique. Détruite par le tremblement de terre de 1960, la cité a été entièrement reconstruite un peu plus au sud, avec de larges avenues, des immeubles bas et une promenade qui épouse la courbe de l'océan. On y descend pour la lumière, la mer et une certaine douceur de vivre marocaine, version balnéaire.
Du quai au front de mer
Les navires accostent dans le port de commerce, à quelques kilomètres au nord du centre. Le trajet à pied longe des installations portuaires sans grand attrait; mieux vaut monter dans la navette proposée par la compagnie ou héler un petit taxi orange, qui rejoint le secteur balnéaire en une dizaine de minutes. Dès les premiers pas au bord de l'eau, le ton est donné : palmiers, cafés ouverts sur la plage, familles qui flânent au bord de l'eau et surfeurs qui guettent la vague au large.
La promenade et la marina
Le front de mer s'étire sur plusieurs kilomètres entre la marina et les grands hôtels. On y marche sans effort, un thé à la menthe à portée de main, en observant les dromadaires qui promènent les vacanciers sur le sable. La marina, avec ses arcades de style néo-mauresque, regroupe boutiques et terrasses; c'est un bon point de départ pour organiser le reste de la journée, ou simplement pour regarder les bateaux de plaisance se balancer devant les collines.
La kasbah d'Agadir Oufella
Au sommet de la colline qui ferme la baie au nord, à 236 mètres d'altitude, subsistent les murailles de la kasbah bâtie au XVIe siècle par les Saadiens. Le séisme de 1960 a rasé le quartier qu'elles protégeaient, mais l'enceinte restaurée veille toujours sur la rade. Un téléphérique moderne grimpe désormais jusqu'au sommet, et la récompense se passe de commentaire : la baie entière, le port sardinier, l'océan à perte de vue. C'est ici que l'on comprend la géographie d'Agadir, entre montagne, désert proche et Atlantique.
Le souk El Had
À l'intérieur de ses murs crénelés, le souk El Had aligne des milliers d'étals : pyramides d'épices, olives, argan, babouches, tapis berbères, orfèvrerie. C'est l'un des plus vastes marchés du Maroc, et il reste d'abord fréquenté par les Gadiris eux-mêmes. On y négocie avec le sourire, on y goûte les amandes et les dattes, on y apprend la différence entre l'huile d'argan alimentaire et cosmétique. Prévoir une course en voiture pour s'y rendre depuis le littoral, et un peu de temps pour s'y perdre.
Vers Taghazout et le pays de l'arganier
Si l'envie de large se fait sentir, la côte au nord d'Agadir mène en une trentaine de minutes à Taghazout, ancien village de pêcheurs devenu repaire de surfeurs. En chemin, les arganiers accrochés aux pentes rappellent que cet arbre ne pousse à peu près nulle part ailleurs; avec un peu de chance, on y surprend des chèvres perchées dans les branches. Les excursions proposées à bord combinent souvent ce littoral avec la vallée des oiseaux ou une coopérative féminine d'huile d'argan.
Repères pratiques
| Destination | Distance approximative | Accès conseillé |
| Marina et promenade | 4 à 5 km | Navette ou petit taxi |
| Kasbah d'Agadir Oufella | 7 km | Voiture, puis téléphérique |
| Souk El Had | 5 km | Petit taxi |
| Taghazout | 20 km | Excursion organisée |
En fin de journée, quand le soleil descend sur l'Atlantique, l'esplanade se remplit doucement : joggeurs, familles, vendeurs de cacahuètes grillées. Depuis le pont du navire, les lettres blanches de la colline s'illuminent une à une. Agadir ne cherche pas à impressionner; elle laisse plutôt le souvenir d'une journée au grand air, entre sable chaud et montagnes nues, et l'envie de vérifier un jour si l'arrière-pays tient les promesses de sa lumière.